Entre Samarcande et Boukhara s'étend une partie de l'Ouzbékistan que la plupart des visiteurs ne voient jamais : un lac dans le désert du Kyzylkoum, des camps de yourtes sous les étoiles et des villages de pierre dans les monts Nuratau. À quoi vous attendre, et que prendre avec vous.
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Entre Samarcande et Boukhara s'étend une partie de l'Ouzbékistan que la plupart des visiteurs ne voient jamais. Au nord de la grande route, les monts Nuratau cachent des villages de pierre, des noyeraies et des ruisseaux limpides et, au-delà, un immense lac miroite dans le désert du Kyzylkoum. Une nuit en yourte près des dunes et une nuit chez une famille du village : c'est l'un des détours les plus gratifiants du pays.

Pourquoi les associer
Les deux sont voisins. Un itinéraire type quitte Samarcande le matin, fait halte à la source sacrée de Nurata, passe une nuit dans une maison d'hôtes familiale des monts Nuratau, rejoint un camp de yourtes près d'Aydarkul pour la deuxième nuit et continue vers Boukhara. Samarcande et Boukhara sont chacune à environ quatre heures des camps : le détour s'insère donc parfaitement entre les deux villes.
Aydarkul : un lac qui n'existait pas avant 1969
Aydarkul est né d'un accident. En 1969, de fortes crues du Syr-Daria imposèrent un lâcher d'urgence d'environ 20 km³ d'eau depuis le réservoir de Chardara, et l'eau se déversa dans la dépression d'Arnasay, en plein désert. Un nouveau lac était né et, depuis, de l'eau y a encore été déversée à de nombreuses reprises.
Aujourd'hui, les lacs d'Aydar-Arnasay couvrent plus de 3 000 km² et s'étirent sur 160 km au maximum. Depuis 2008, ils forment une zone humide d'importance internationale au titre de la convention de Ramsar, où l'on a recensé plus de 100 espèces d'oiseaux d'eau, dont le pélican frisé. Vingt-huit espèces de poissons vivent dans leurs eaux, légèrement salées.
Une nuit en camp de yourtes
Les camps se dressent au milieu des dunes, à quelques kilomètres du rivage. Chaque yourte accueille deux à quatre personnes sur des matelas avec d'épaisses couvertures, et un bloc commun abrite toilettes et douches. En fin d'après-midi, vous partez sur le sable à dos de chameau de Bactriane, à deux bosses, puis regardez le soleil se coucher depuis le lac. Après le dîner, le camp allume un feu, et souvent un musicien joue de la dombra à deux cordes et chante des chants kazakhs. Loin de toute ville, les étoiles sont spectaculaires.

Nuratau : villages, noyers et mouflons sauvages
La chaîne du Nuratau s'étire sur plus de 170 km et culmine à 2 169 m. Ses vallées du versant nord abritent des villages comme Sentob, Hayat, Majrum et Ukhum, reliés par de vieux sentiers à travers gorges et noyeraies. Depuis 2008, un projet de tourisme communautaire aide les familles à ouvrir leur maison aux visiteurs : en 2022, on comptait quelque 14 maisons d'hôtes dans six villages, et l'essentiel de l'argent reste aux familles.
La réserve naturelle d'État de Nurata, créée en 1975, protège la faune de ces montagnes, dont environ 2 000 argalis de Severtzov, un mouflon sauvage rare, et plus de 200 espèces d'oiseaux. Dans les gorges près d'Ukhum, des gravures rupestres, de l'âge du bronze au Moyen Âge, montrent des chasseurs et des chèvres sauvages.

Nurata : la source sacrée et la forteresse d'Alexandre
La petite ville de Nurata s'est développée autour de Chashma, une source qui reste à environ 20 °C toute l'année. Elle grouille de poissons que nul n'a le droit de pêcher ; les pèlerins viennent les nourrir et prier à la mosquée du vendredi voisine, dont le toit repose sur 40 colonnes de bois. Sur la colline au-dessus se dressent les ruines d'une forteresse que la tradition attribue à Alexandre le Grand, au 4e siècle av. J.-C. Tout près, d'anciens canaux souterrains appelés karez amènent encore l'eau des montagnes.
Le saviez-vous ?
- La zone Ramsar protégée autour des lacs couvre plus de 5 000 km² d'eau, de roselières et de désert.
- Le projet de tourisme communautaire du Nuratau a reçu en 2023 un prix international, le TO DO Award, pour le tourisme responsable.
- L'argali de Severtzov ne vit presque nulle part ailleurs : il en reste environ 2 000 dans le Nuratau et quelques chaînes voisines.
- Les poissons de la source sacrée de Nurata sont une espèce de marinka, que les croyances locales tiennent pour sacrée.
Bon à savoir
- Saison : les camps de yourtes ouvrent d'avril à octobre environ. Les meilleurs mois sont avril–mai et septembre–octobre ; en juillet et en août, il fait chaud dans le désert.
- Les nuits chez l'habitant sont simples : matelas au sol, salles de bains communes, cuisine maison. L'eau chaude et le Wi-Fi ne sont pas garantis.
- Coutumes : portez une tenue correcte dans les villages, retirez vos chaussures à l'intérieur et demandez avant de photographier les gens.
- Espèces : il n'y a pas de distributeur dans le désert ni dans les villages ; prévoyez des sums.
- Insectes et faune : prévoyez un répulsif pour les soirées d'été au bord du lac, et secouez vos chaussures le matin.
À emporter
- Des chaussures de marche confortables et un petit sac à dos léger.
- Un chapeau, des lunettes de soleil et de la crème solaire.
- Une couche chaude pour les soirées, fraîches en montagne comme dans le désert.
- Un foulard ou un tour de cou contre le vent et le sable.
- Un maillot de bain en été.
- Une lampe frontale et une batterie externe.
- Un pantalon long si vous comptez monter à cheval ou à dos de chameau.
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Photos: Man77, CC BY-SA 3.0 · Sigismund von Dobschütz, CC BY-SA 3.0 · Arina Pan, CC BY-SA 4.0 · Stephanieadams99, CC BY-SA 4.0


